DOCUMENTATION ET TRANSMISSION DE LA DANSE CONTEMPORAINE ET ACTUELLE QUÉBÉCOISE / FONDATION JEAN-PIERRE PERREAULT
EC2
Lundi 23 novembre 2020

Carnet d’une chorégraphe

Se mouvoir dans l’archive / Moving through the archive

La FJPP est très heureuse de participer au projet Se mouvoir dans l’archive, une production de la Galerie UQO réalisée en collaboration avec la chorégraphe, dramaturge et danseuse Hanna Sybille Müller.

À l’automne 2019, la directrice/commissaire Marie-Hélène Leblanc a invité Hanna Sybille Müller à travailler avec les archives visuelles et textuelles produites par la Galerie UQO depuis sa fondation en 2015. L’interprétation par la danse contemporaine des projets, des activités, des mouvements et des archives administratives de la galerie et des gens qui la côtoient est une proposition qui s’inscrit dans une volonté de questionner le médium de l’exposition et tout ce qu’il sous-tend.

Jusqu’à la fin du projet qui s’étendra sur près d’un an, nous diffuserons les Carnets d’une chorégraphe qui dévoilent via gifs et petits textes le processus de création et de recherche de l’artiste. Travaillant sur le projet avec ses deux collaborateur·trice·s Nate Yaffe et Lauren Semeschuk, Hanna Sybille Müller réfléchit – entre autres – aux corps en période de COVID, au non-mouvement, et à la documentation haptique. À suivre tout au long de l’année.

 

La Galerie UQO est une galerie universitaire engagée dans le développement et la mise en valeur des pratiques artistiques et muséales contemporaines québécoises, canadiennes et internationales par la recherche, la création, l’éducation et la diffusion.

Hanna Sybille Müller est une chorégraphe, dramaturge et danseuse vivant à Montréal. Son travail se concentre sur le langage, le mouvement et leurs interrelations. Elle s’intéresse à la puissance étrange, à la fois magique et ordinaire, de la langue et du corps, et à la façon dont ils interagissent.

Pour tous les détails : https://galerie.uqo.ca/evenements/20200916

Une production de la Galerie UQO en collaboration avec la Fondation Jean-Pierre Perreault

 

 

 

 

 


17 décembre 2020, Montréal

 

Mouvement 13

 

𝗟’𝗮𝗿𝗰𝗵𝗶𝘃𝗲 𝗶𝗻𝗰𝗮𝗿𝗻𝗲́𝗲 𝗻𝗼 𝟯 « 𝗟𝗲 𝗱𝗲́𝗽𝗮𝗿𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝗲𝘀 𝗽𝗹𝗮𝗻𝘁𝗲𝘀 𝗱𝗲 𝗯𝘂𝗿𝗲𝗮𝘂 » 𝗱𝗲 𝗖𝗮𝘁𝗵𝗲𝗿𝗶𝗻𝗲 𝗟𝗲𝘀𝗰𝗮𝗿𝗯𝗲𝗮𝘂
Catherine a fait du porte-à-porte dans les bureaux de l’Université du Québec en Outaouais pour vérifier la présence de plantes et photographier chacune d’entre elles. Les photos montrent souvent les plantes devant une fenêtre. À l’intérieur, la plante tropicale. À l’extérieur, le stationnement, un petit arbre, la pelouse, un paysage industriel.
Qui est à l’intérieur? Qui est à l’extérieur? Qu’est-ce qui nous entoure à l’intérieur? Ce qui nous entoure en dit beaucoup sur nous. Quels sont nos intérieurs et nos extérieurs et comment nous y rapportons-nous? Quand je suis en mouvement, je bouge en relation à l’extérieur, mais je bouge principalement de l’intérieur – mes cellules, les tropiques de mes intestins ou le désert de mon système nerveux, l’immensité de ma peau.
Inviter quelque chose de l’extérieur à l’intérieur. Catherine Lescarbeau a invité le Département des finances à faire partie intégrante de son exposition à la Galerie UQO. Une nouvelle connexion a été établie. Aujourd’hui, j’ai invité les toitures de Montréal dans mes mains.

 


10 décembre 2020, Montréal

 

Mouvement 12

 

«En travaillant avec Nate et Lauren, je prends beaucoup moins de notes et de photos. Tout mon être est immergé dans le processus. C’est comme une spirale d’informations qui arrivent, se superposent, se font oublier, puis dont on se souvient autrement. Le matériel est fait de mouvements, d’émotions, de discussions, de rires, de mots, de formations et d’accidents. Je me sens présente et le travail est de plus en plus présent. J’amène l’«Archive incarnée no 1 La Contrainte» à une autre phase. Mouvements 3×3. Pouvez-vous les voir? Ça fait du bien de faire le même ordre.»

 


3 décembre 2020, Montréal

 

Mouvement 11

 

«Sur un t-shirt, le mot allemand «lust».
Lust = plaisir, envie
Cette capture d’écran parle beaucoup de ce qu’est un processus chorégraphique : travailler avec d’autres, des gens brillants, des collaborateurs intelligents et effrénés qui écoutent, tordent, tournent, questionnent, superposent l’œuvre et la perspective et qui font apparaître l’inconnu. Merci à Nate et Lauren pour la semaine et demie que nous avons eue. C’était magique.»

 


26 novembre 2020, Montréal

 

Mouvement 10

 

«Abstraction
Une définition dans mon dictionnaire : la qualité de traiter des idées plutôt que des événements.
Des idées de danses qui ne deviennent pas des évènements.
Abstraction des mouvements de mon corps.
Je me retrouve souvent à « faire des mots ».
La partition pour l’archive dés/incarnée no.2 sont les numéros 1 à 232, quelques-uns sont encerclés.
Le rythme n’est pas encore fluide.»

 


19 novembre 2020, Montréal

 

Mouvement 9

 

«Regarder les décisions que les autres ont prises, que j’ai prises et que je prends.
Imaginer que je participe à un atelier avec Sheena Hoszko.
Se mouvoir dans l’archive.
Travailler quotidiennement avec la danse, les mots, les mouvements est une pratique qui relève du luxe, mais c’est aussi ma seule pratique possible. En ces temps de pandémie, je suis ravie d’avoir rencontré de nombreux artistes magnifiques et inspirants, des personnes dont les mouvements sont magiques et des écrivains incroyables. Je suis remplie de discussions, de poèmes, d’images, de façons de faire. Mais les gens qui m’ont profondément influencé me manquent, surtout en considérant et en faisant face à la pratique quotidienne. Eva, je m’ennuie de nos sessions de rétroaction.»

 


12 novembre 2020, en studio, Montréal

 

Mouvement 8

 

«Écouter. Écouter ce qui résonne.
Dans le balado produit par la Galerie UQO, Sheena Hoszko parle de son projet «Établissement de détention de Hull : 232 Beds». Elle décrit à la fois son travail et ce projet particulier. À un certain moment donné, elle dit quelque chose du genre : «Le projet est plutôt froid. Il est composé de données, de faits et de statistiques.»
Ce qu’elle a dit a résonné très fort chez moi parce que tout au long de son discours, j’étais plutôt émotionnelle que froide. Ça m’a donc donné envie de travailler avec des «faits chauds». Voici donc un fait issu de ma collection : un contact, comme un baiser ou un câlin, peut durer deux secondes lors d’une visite avec contact. Il y a aussi les visites sans contact où les détenus et les visiteurs sont séparés par une cloison en verre.
»

 


5 novembre 2020, Galerie de l’UQO

 

Mouvement 7

 

«La résidence a été annulée, reportée, replanifiée, annulée, puis elle a finalement eu lieu. Je me sens comme une bouteille de désinfectant pour les mains, mais j’ai aussi pu faire le plein de conversations et d’images. J’ai consulté les archives, trouvé les 232 bâches bleues de Sheena Hoszko pour l’exposition Établissement de détention de Hull : 232 Beds – la dernière avant la fermeture de la galerie – et j’ai collecté des gestes. La danse de Jérémie reprenant la pose du vinyle était magique. Merci à tous les humains masqués qui travaillent dans, autour, pour et avec la Galerie UQO, mais aussi à AXENÉO7 pour l’hébergement.»

 


29 octobre 2020, Galerie de l’UQO

 

Mouvement 6

 

«À tous égard, la répétition, c’est la transgression. Elle met en question la loi, elle en dénonce le caractère nominal ou général, au profit d’une réalité plus profonde et plus artiste. »

In : Différence et répétition. Puf, Paris 2015

 


 

19 octobre 2020, Galerie de l’UQO

Mouvement 5

 


12 octobre 2020, Galerie de l’UQO

Mouvement 4

Cette semaine, Hanna Sybille Müller travaille à partir de la toute première exposition présentée par la Galerie UQO, soit «La contrainte» (présentée du 9 septembre au 19 septembre 2015) par Simon Guibord. La chorégraphe se donne pour première contrainte de chorégraphier la marche, la course… mais aussi d’enfreindre les règles!

 

« L’une des plus grandes contraintes de ce projet est la documentation de mes propres mouvements. Beaucoup d’images vides, floues et à moitié cadrées sont générées. La documentation est donc un peu fausse et floue bien qu’à la fois réelle. En écrivant ces lignes, je pense à mon amie Andrea de Keijzer qui m’a envoyé l’article « Touching with the Eyes » de Laura U. Marks : « Haptic visuality sees the world as though it were touching it: close, unknowable, appearing to exist on the surface of the image. Haptic images disturb the figure-ground relationship. » Je considère pratiquer la documentation haptique.

Merci à Jessica Minier pour la traduction! »

 


5 octobre 2020

 

Mouvement 3 : Hanna Sybille Müller

 

 


28 septembre 2020

 

Mouvement 2 : Lauren Semeschuk

 


 

21 septembre, 2020

 

Mouvement 1 : Nate Yaffe

 

Dans le cadre du projet «Se mouvoir dans l’archive / Moving through the archive» par Hanna Sybille Müller en partenariat avec la Galerie UQO.

 

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